ABC - Le Tour de la Grande Bourgogne

Hilvarenbeek, la petite cloche de Jeanne de Brabant

Ou comment, chaque soir à 21 heures, la petite cloche de Hilvarenbeek rappelle une nuit de 1390, au cours de laquelle des villageois désembourbèrent Jeanne de Brabant

À l’automne 1390, la duchesse Jeanne de Brabant se rend en carrosse de son château de Turnhout à Bois-le-Duc. Près d’Abcoven, ancien hameau non loin de Goirle, les attelages s’embourbent dans le marais. Les habitants des environs refusent de venir en aide à la duchesse, par rancune pour les destructions causées deux ans plus tôt par les bandes venues de la Gueldre, lors d’un conflit frontalier avec le Brabant. Les accompagnateurs de la duchesse n’ont d’autre choix que d’aller chercher de l’aide plus loin. Après trois kilomètres, ils atteignent quelques fermes situées à Groot Westerwijk, dans le hameau de Langencruys. À la force de leurs bras, mais surtout grâce à leurs bœufs, les paysans parviennent à tirer les carrosses du marais.

Il est alors trop tard pour continuer la route. Le cortège se rend donc à Groot Westerwijk, où la duchesse passe la nuit dans une ferme.

Portret van Johanna van Brabant, gemalin van Wencelaus I. Rijksmuseum, CC0, via Wikimedia Commons.

Pour leur témoigner sa gratitude, le 24 décembre de l’année suivante, la duchesse fait don de la Donk aux habitants de Langencruys, une zone marécageuse de 64 hectares. Depuis lors, une messe est célébrée chaque veille de Noël pour le salut de la duchesse et de ses descendants.

À Hilvarenbeek, tous les soirs à 21 heures, Luc, l’une des quatre cloches des évangélistes fondues en 1536, sonne encore la cloche de Jeanne pour perpétuer ce souvenir. En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, la cloche de Jeanne est réduite au silence en raison de la mobilisation. Le 12 novembre 1927, elle est remise en service par décision du conseil municipal. Chaque jour, cette cloche rappelle aux habitants de Hilvarenbeek cette nuit de 1390 au cours de laquelle leurs ancêtres sont venus en aide à la duchesse Jeanne de Brabant.

 

Merci à Veerle Sanderink et Marie De Keulenaer.