Voici l’histoire de Mons Meg, une bombarde du XVe siècle offerte par Philippe le Bon en cadeau de mariage au roi Jacques II d’Écosse, à l’occasion de ses noces avec Marie d’Egmont-Gueldre, petite-nièce du duc de Bourgogne.
Sur les remparts du château d’Édimbourg, en Écosse, trône encore aujourd’hui une terrifiante pièce d’artillerie médiévale : la Mons Meg. Ce monstre de bombarde du XVe siècle, jadis peinte dans un rouge sang et pesant plus de six tonnes, est à son époque un des plus grands canons du monde. Elle peut tirer, à travers les airs, des boulets de 150 kilos à plus de 3,2 km. C’est la petite sœur de notre Dulle Griet (« Mad Meg »), visible aujourd’hui encore sur le Vrijdagmarkt de Gand. Tout comme Griet, elle est forgée par le maître-artificier Jehan Cambier, à Mons, à laquelle elle doit son nom. Philippe le Bon la commande en 1449 et l’offre en 1457 au roi Jacques II d’Écosse en cadeau de mariage pour ses noces avec Marie d’Egmont-Gueldre. Le duc de Bourgogne est le grand-oncle de la mariée, et, comme souvent, il est personnellement impliqué dans les négociations matrimoniales.
Mons Meg est immédiatement mise en service. En 1460, Jacques II la fait transporter au siège du château de Roxburgh, à 80 kilomètres de là. Une entreprise infernale : même un attelage de bœufs ne la fait avancer que de cinq kilomètres par jour. Le roi meurt tragiquement sur place, victime de l’explosion d’un de ses autres canons.
Sous le règne de Jacques IV, Mons Meg reprend du service pour attaquer successivement Dumbarton Castle puis Norham Castle. Plus tard, elle servira encore dans la flotte de Jacques V, avant d’être, pour de bon, mise à la pension vers 1550.
En 1558, à l’occasion du mariage de Marie Stuart, reine d’Écosse, elle tire son ultime boulet de pierre au-dessus de la ville pour souligner l’événement. Le projectile atterrit à l’endroit où se trouve aujourd’hui le Jardin botanique royal. En 1681, son tube se brise, la réduisant au silence pour toujours.
Après 75 années passées en Angleterre, Mons Meg fait un retour triomphal au château d’Édimbourg en 1829. Elle est accueillie en héroïne, escortée par la cavalerie et l’infanterie. Aujourd’hui, elle veille sur le château, certes en silence, et rappelle à ses admirateurs la politique matrimoniale bourguignonne et la pugnacité écossaise.
Merci à Herman Bruyland, Tom Hermans et Marie De Keulenaer.
En savoir plus ?
https://www.edinburghcastle.scot/see-and-do/highlights/mons-meg/
https://www.scottishcastlesassociation.com/news/news-features/mons-meg.htm