ABC - Le Tour de la Grande Bourgogne

Bruges, Hôpital Saint-Jean

Cet hôpital pluriséculaire, édifié aux environs de 1150, abrite un musée depuis plusieurs décennies. Vous y découvrirez comment les malades étaient autrefois pris en charge, et pourrez y admirer plusieurs chefs-d’œuvre incontournables de Hans Memling.
Récemment, l’aménagement de ce musée a fait l’objet d’une rénovation complète.

Au Moyen Âge, il est bien plus courant d’y croiser un prêtre qu’un médecin. On trouve d’ailleurs çà et là nombre de petits autels dédiés aux saints guérisseurs. Parmi eux, le fameux Saint-Roch, point de contact sacré en cas de peste, ou encore Sainte-Apolline, implorée en cas de rage de dents. Lors de votre visite, votre attention sera sans nul doute particulièrement attirée par Sainte-Ursule à qui l’on s’adresse afin de s’assurer une bonne mort, grâce dont elle sera, hélas, privée. Ce qui nous amène tout naturellement à Memling. En 1489, il crée pour l’Hôpital Saint-Jean la célèbre châsse de Sainte-Ursule dont le sixième panneau représente le supplice de celle-ci. La légende raconte que c’est en martyre catholique qu’elle est mise à mort par Attila parce qu’elle refuse d’épouser ce Hun mécréant.

Sur la bannière claquant au vent à l’arrière-plan, les plus fins observateurs distingueront l’aile d’un aigle noir, clin d’œil manifeste aux armoiries du Saint-Empire romain germanique. Ce détail subtil suggère que l’empereur Maximilien d’Autriche apparaissait aux yeux de Memling comme un souverain sournois, au moins aussi redoutable qu’Attila le sanguinaire. En quelques coups de pinceau, il représente le déclin de Bruges et la ruine de la Flandre à travers le martyre de sainte Ursule.

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