ABC - Le Tour de la Grande Bourgogne

Ravenstein

Comme évoqué lors de notre voyage dans le temps consacré à la Gueldre, c’est ici qu’en 1388, les Brabançons franchissent la Meuse pour pénétrer en territoire gueldrois. La bataille de Niftrik — du nom du premier village de l’autre côté du fleuve — est connue en français sous le nom de « La Bataille de Ravenstein » : l’histoire n’est toujours qu’une question de point de vue.

Dans les Chroniques de Froissart, cette percée brabançonne avortée donnera lieu à une belle miniature, même si les troupes gueldroises pourtant peu nombreuses ne leur laisseront aucune chance.

La ville fortifiée de Ravenstein se situait, géographiquement parlant, dans le duché de Brabant, mais relevait du pays de Ravenstein, une principauté autonome entre la Gueldre et le Brabant. À partir de 1397, elle passe entre les mains des ducs de Clèves, très liés à la maison de Bourgogne (voir Clèves). Philippe de Clèves, membre du cercle intime de Marie de Bourgogne, qui devient, à la mort de celle-ci, un farouche opposant de son époux Maximilien d’Autriche, fait construire ici entre 1509 et 1526 une forteresse dont les vestiges furent découverts il y a peu par Martin Jan van Mourik… dans son propre jardin. À côté d’un bastion en terre datant de 1609, se trouvait une fortification encore plus ancienne, du début du XVIe siècle : celle de Philippe de Clèves donc, mise au jour grâce à Martin Jan Van Mourik.

Le pays de Ravenstein restera une entité indépendante jusqu’à la Révolution française, à une brève période près. C’est pourquoi, en ces temps de persécution, les catholiques y venaient assister à la messe — on y bâtit d’ailleurs une église baroque, chose rare aux Pays-Bas. À Ravenstein, la liberté de culte régnait.

Voir également Hôtel Ravenstein à Bruxelles, dans Le Tour de la Grande Bourgogne.